REPORTAGE RADIO – En 2016, 60 % des agriculteurs anglais votaient en faveur du Brexit. Cinq ans après la sortie définitive de l’Union europénne, le constat est dur. Les exploitants agricoles ont perdu entre 15 et 20 % de leurs revenus. En cause notamment : la baisse drastique des exports vers l’Europe et l’arrêt des subventions. Rencontre avec Laurence Matthews, qui exploite 1 200 hectares dans le Surrey.
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La famille de Laurence est installée dans sa ferme depuis près d’un siècle. Un décor bucolique dans la campagne anglaise au sud de Londres. Il fait partie des rares agriculteurs à avoir voté contre la sortie de l’Europe. Dix ans après, il ne décolère pas. « Le gouvernement a sacrifié l’agriculture du Royaume-Uni. Nous avons un si petit pays que nous ne pouvons pas nous imposer face à de grandes puissances lors de la négociation d’accords commerciaux, à la différence de l’union européenne. », déplore Laurence Matthews.
Les pratiques de cet éleveur de bovin et exploitant céréalier ont changé depuis le Brexit. Avant, le RU bénéficiait d’environ 5 milliards d’euros par an grâce à la Pac, la Politique agricole commune. Une somme qui représentait en moyenne la moitiée des revenus des agriculteurs britannique. Pour survivre, il a dû diversifier ses revenus en transformant ses granges en bureaux qu’il loue ou en se reportant vers des aides en faveur de l’environnement.
« Ces trois-quatres dernières années, je me suis beaucoup investi dans des projets environnementaux. J’ai mis 300 hectares en jachère pour récupérer des subventions », explique-t-il.
Mais beaucoup de petites exploitations, moins agiles, sont en train de disparaître.
Alors, face à la colère qui gronde en France quant à l’accord du Mercosur, Laurence Matthews a un message très clair pour ses confrères : « Ce serait une terrible erreur de quitter l’Union euroépenne. Pour gagner quoi ? Quel intérêt ? Quels marchés ? Si vous partez de l’Europe, vous devrez protéger votre pays et revoir tous vos accords commerciaux. »
Car l’avenir s’annonce encore plus rude : Laurence prévoit une fin totale des aides d’ici 2030.
