REPORTAGE RADIO – En Irlande du Nord, le Brexit a été un théâtre parmi tant d’autres des désaccords entre ceux qui veulent rester dans le Royaume-Uni et ceux qui souhaitent rejoindre la République d’Irlande. Alors à Belfast, la capitale, des structures leur permettent de dialoguer. Et quand ils parlent entre eux, les Nord-Irlandais sont souvent contre le Brexit.
TRANSCRIPTION
Dans cet espace associatif, ce cercle de femmes, catholiques et protestantes, se réunit régulièrement pour parler des tensions entre leurs deux communautés, séparés par un grand mur.
Michelle vit du côté catholique du mur. Un jour, à l’occasion d’un jubilé, des drapeaux britanniques flottaient haut côté protestant. Le problème, c’est que Michelle ne voulait pas voir ce drapeau, car il ne la représente pas.
Lily, une protestante, explique que le drapeau était érigé de son côté du mur. Ce n’était pas pour embêter Michelle, mais simplement pour un événement. Et d’ajouter : « Michelle n’avait qu’à tourner la tête. »

Ici, même si on aime rire ensemble, on assume clairement les différends politiques. Les nationalistes, en majorité catholiques, veulent que l’Irlande du Nord rejoigne la République d’Irlande, au sud. Les unionistes, protestants, veulent rester dans le Royaume-Uni.
Mais un sujet met d’accord tout le monde : le Brexit — dans le sens où tout le monde est contre. À l’époque du référendum, il y a eu ici un séminaire où certains prévoyaient de voter pour le Brexit, mais le séminaire les a fait changer d’avis.
Aujourd’hui, on ne parle plus trop du Brexit, mais il reste des traces. Michelle estime qu’on a menti aux Nord-Irlandais sur les conséquences du Brexit. Que ça a été une catastrophe, qui a beaucoup plus touché l’Irlande du Nord que le reste du Royaume-Uni.
Une protestante raconte que son frère est parti en Angleterre il y a quelques années, pour trouver du travail. Il lui manque, mais bon. C’est ce qu’il voulait.
Mark est protestant, lui aussi. C’est un des fondateurs de cet espace. « Pour la communauté unioniste, c’est Londres qui décide, et elle a été maltraitée à cause du Brexit. Et quand on se sent autant trahi, ça déclenche d’autres choses. »
Par exemple, un nouveau débat sur la réunification. Mark fait le parallèle avec le référendum de 2016 : « Comment voter pour quelque chose qu’on ne comprend pas ?
Personne n’a réussi à expliquer ce à quoi ressemblerait une nouvelle Irlande. »
Peut-être l’occasion d’un autre séminaire.

